Partage de virus et vaccins: négociations à l'OMS prorogées d'un an
Les membres de l'OMS admettent leurs divisions dans les négociations sur un système de partage des virus et des vaccins en cas de pandémie (PABS). Vendredi soir à Genève, incapables de consensus en un an, ils ont décidé de proroger les discussions d'un an additionnel.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Keystone
Au terme d'une nouvelle semaine de pourparlers, pays riches et pays en développement n'ont pu arriver à un accord. La prolongation devra être formellement approuvée lors de l'Assemblée mondiale de la santé qui démarre le 18 mai à Genève. La prochaine série de discussions aura lieu en juillet.
«Vous avez montré un engagement fort», a affirmé le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus. «Des avancées réelles ont été observées» mais «des différences importantes» subsistent, a-t-il encore expliqué. Il a demandé aux membres de relancer avec une approche urgente leur dialogue.
Dès l'année dernière, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider et d'autres acteurs avaient anticipé un délai plus long que l'année prévue, un an et demi au moins. «C'est une décision mûre», a affirmé à Keystone-ATS après cette nouvelle série de discussions la cheffe de la délégation suisse, l'ambassadrice Barbara Schedler Fischer.
«Pour nous, c'est important d'avoir quelque chose qui fonctionne réellement» pour les populations, a-t-elle ajouté. «C'est complexe et on se donne un peu plus de temps», estime-t-elle, admettant les attentes encore différentes.
Etape importante
Comme la Suisse, l'UE a insisté sur l'importance d'un système qui puisse être appliqué concrètement dans les pays. Les pays riches veulent une approche qui permette de maintenir l'innovation et les investissements dans la recherche pharmaceutique. Et les Etats en développement souhaitent obtenir des garanties qu'ils accéderont bien de manière équitable à des vaccins en cas de nouvelle pandémie.
Partner-Inhalte
Werbung
Ces dernières semaines, les pays riches ont mis sur la table une proposition de compromis autour d'une solution hybride qui mêlerait composantes obligatoires et volontaires. Mais plusieurs pays en développement ont alerté sur la menace de ne pas recevoir suffisamment de vaccins si le PABS en venait à prendre ces atours.
Et certains doutent également de la collaboration volontaire des entreprises pharmaceutiques. De leur côté, des ONG accusent les pays riches de vouloir revenir sur leurs engagements dans l'accord historique contre les pandémies de l'année dernière.
Un consensus sur l'annexe du PABS est une étape incontournable. Il constitue la condition du lancement du processus de ratification de l'accord contre les pandémies qui entrera ensuite en vigueur lorsque 60 Etats auront décidé de l'appliquer.
Plusieurs dispositifs lancés auparavant
Après plus de trois ans de négociations, les pays de l'OMS avaient validé il y a un an un arrangement pour permettre d'éviter les inégalités observées dans l'approvisionnement en vaccins des pays en développement au moment du coronavirus. Ce décalage avait provoqué de nombreux décès supplémentaires dans ces Etats. Selon l'accord contre les pandémies, les entreprises pharmaceutiques volontaires s'engagent à garantir à l'OMS 10% de la production des vaccins par des dons et 10% à coûts abordables.
Werbung
L'objectif est également d'améliorer les indications qui remontent pour éviter les blocages chinois observés au moment de la pandémie liée au coronavirus. Cette situation avait provoqué des tensions avec les Etats-Unis qui ont ensuite décidé de quitter l'organisation, accusant notamment celle-ci d'être trop proche de Pékin.
Plusieurs dispositifs ont été déjà été pris pour faire face à ces problèmes. Une production décentralisée ou encore un dépôt international d'échantillons biologiques au Laboratoire de Spiez (BE) figurent parmi eux. (awp/hzi/ps)