Munich Re met en garde contre une sous-estimation des risques climatiques
La relative accalmie des catastrophes naturelles ces derniers mois ne justifie pas une détente des prix de la réassurance, les risques climatiques continuant de croître, estime Clarisse Kopff, membre du directoire de Munich Re, à l'ouverture du congrès réunissant assureurs et réassureurs à Monte Carlo.
«Les prix ont baissé ces deux dernières années et demie, mais ils restent à un niveau acceptable, bien que plus serré»: Clarisse Kopff, membre du directoire de Munich Re. Munich Re
«Si on a eu un peu de répit sur les catastrophes naturelles récemment, il ne faut pas perdre de vue que les risques sous-jacents sont toujours présents et continuent d'évoluer, ce que le prix de la couverture doit refléter», affirme la dirigeante au sein du premier réassureur mondial, responsable de l'Europe et de l'Amérique Latine, dans un entretien accordé à l'AFP.
Les discussions sur les prix seront au coeur des négociations cette année au bord de la Méditerranée.
Après plusieurs exercices très profitables pour les réassureurs et une sinistralité mondiale relativement modérée, les assureurs, principaux clients des réassureurs, font pression pour obtenir de nouvelles baisses tarifaires lors des prochains renouvellements de contrats.
Lors de la dernière campagne achevée au 1er juillet, les prix ont reculé de 5,5% en moyenne et Munich Re a accepté au final de réduire de 9,1% le volume d'affaires renouvelé plutôt que d'accepter certaines conditions du marché.
Plus de prévention
Si l'été a été marqué par d'importants incendies en France, ceux-ci ont surtout touché des zones forestières peu assurées, limitant leur impact pour le secteur.
Selon Mme Kopff, la tendance climatique reste à l'aggravation pour le secteur.
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«Sur 10 ou 15 ans, ces risques, et en particulier les périls secondaires tels que la grêle, les inondations ou les incendies, sont en forte augmentation», souligne-t-elle.
En témoigne la crue dévastatrice du 26 août qui a frappé le Népal et la Chine, faisant plus de 1.200 morts et de nombreux disparus.
Pourtant, la détente se poursuit sur le marché de la réassurance.
«Les prix ont baissé ces deux dernières années et demie», reconnaît Mme Kopff, mais elle ajoute qu'ils restent «à un niveau acceptable, bien que plus serré».
Par ailleurs, «le partage des risques entre assureurs et réassureurs reste équilibré», souligne-t-elle.
En particulier, les clauses contractuelles destinées à mieux encadrer les risques couverts «ont elles aussi largement été préservées».
Présent à la fois dans la réassurance et l'assurance directe via sa filiale Ergo, Munich Re estime que cette diversification constitue un atout dans un environnement volatil.
«Nos activités d'assurance directe et de réassurance, la diversité de nos lignes de business et notre présence mondiale nous permettent de bien absorber les cycles de marché individuels», selon Mme Kopff.
Pour l'heure, elle ne voit pas de limite à la capacité du secteur à absorber cette hausse progressive des risques.
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«Ce qui est assuré est correctement tarifé et on a la capacité pour couvrir ce qu'on observe», assure-t-elle.
Face à la progression des risques climatiques, la dirigeante plaide surtout pour davantage de prévention.
«Indemniser des dégâts une fois qu'ils sont là coûte dix fois plus cher que d'investir dans de la prévention», souligne-t-elle, citant les pare-feu, les digues, les barrages ou encore les restrictions de construction dans les zones exposées. (awp/hzi/ps)