Une nouvelle chaire dédiée à la recherche sur les risques en montagne
L’UNIGE ouvre une chaire, soutenue par le Fonds AXA pour le Progrès humain, pour étudier dans les Alpes européennes l’impact du changement climatique sur les laves torrentielles et autres risques naturels, ainsi que les stratégies d’atténuation.
Markus Stoffel, professeur à l’UNIGE et spécialiste des risques liés au climat. Universität Aarhus
Le changement climatique accroît rapidement les risques de catastrophes dans les Alpes. La fonte des glaciers, la diminution de l’enneigement et le dégel du pergélisol déstabilisent les versants et entraînent des phénomènes en cascade, notamment des chutes de pierres et des laves torrentielles, qui menacent les populations et les infrastructures. Parallèlement, des étés plus chauds et des tempêtes plus intenses favorisent des événements soudains à fort impact, tels que les inondations. Pour répondre à ces risques croissants, l’Université de Genève (UNIGE) lance, grâce au soutien du Fonds AXA pour le Progrès humain, une nouvelle chaire dédiée à l’étude de l’évolution de ces risques naturels en montagne. Elle se concentrera en particulier sur les laves torrentielles et leurs conséquences dans les Alpes suisses, françaises, autrichiennes, allemandes et italiennes.
Soudaines et rapides — elles peuvent dépasser 50 km/h — les laves torrentielles dévalent les torrents de montagne avec une force considérable. Ces mélanges destructeurs d’eau, de débris, de boue et de roches emportent sur leur passage blocs et troncs d’arbres. Ils se produisent lorsque l’eau mobilise des matériaux meubles (sable, gravier, terre) sur des pentes d’au moins 25 %. De plus en plus fréquents en été et en automne, souvent déclenchés par des orages intenses ou des pluies diluviennes, ces phénomènes, amplifiés par le changement climatique, constituent une menace croissante pour les infrastructures et les sociétés de montagne.
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Leur survenue dans les Alpes européennes entraîne souvent des pertes humaines et des dégâts s’élevant à plusieurs centaines de millions de francs suisses. À l’été 2024, par exemple, un ensemble de violentes tempêtes a déclenché des laves torrentielles destructrices à travers les Alpes, touchant le sud de la Suisse (Val Bavona, Valle Maggia), le nord de l’Italie (Val d’Aoste et Piémont), ainsi que certaines régions d’Autriche et d’Allemagne. Ces événements ont provoqué des dégâts généralisés, notamment des routes ensevelies, des ponts endommagés et la destruction d’habitations et d’infrastructures électriques.
La nouvelle chaire AXA sur les risques de catastrophes en montagne, basée à l’UNIGE, examinera comment le réchauffement climatique, l’évolution des régimes de précipitations, le recul des glaciers et la dégradation du pergélisol influencent la fréquence, l’intensité et les impacts de différents types de mouvements de terrain en montagne. Elle adoptera une approche globale visant à quantifier et évaluer les futurs risques et à contribuer à la définition de stratégies, en collaboration avec les acteurs publics et privés, afin de limiter les pertes et les dommages à l’avenir.
«La mission de notre université dépasse la production de connaissances scientifiques. Elle doit répondre aux grands défis auxquels nos sociétés sont confrontées, à commencer par le changement climatique. Avec la création de cette nouvelle chaire, nous poursuivons pleinement cette double ambition», se réjouit Audrey Leuba, rectrice de l’UNIGE.
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«Protéger ce qui compte est la raison d’être d’AXA et, en soutenant cette nouvelle chaire, nous contribuons à garantir que les risques soient appréhendés à un stade précoce. Ces connaissances seront essentielles pour prendre les mesures appropriées afin de minimiser l’impact de ces risques sur l’environnement et la société», déclare Monika Wieneke, responsable Risk, Actuarial & Security et membre du comité exécutif d’AXA Suisse.
«Nous sommes fiers de soutenir les recherches innovantes de cette nouvelle chaire à l’UNIGE, qui fourniront des enseignements précieux pour favoriser des conditions plus résilientes pour les communautés locales, aujourd’hui et pour les générations à venir», indique Clément Rouxel, délégué général du Fonds AXA pour le Progrès humain.
Dirigée par Markus Stoffel, professeur à l’UNIGE et spécialiste des risques liés au climat, la chaire s’appuiera sur deux décennies d’expérience et combinera observations de terrain, télédétection et modélisation des processus afin de mieux comprendre où et quand les versants cèdent, jusqu’où se propagent les coulées destructrices et leurs impacts sur les communautés exposées et les infrastructures critiques.
Intégrée à la Section des sciences de la Terre et de l’environnement de la Faculté des sciences, la chaire recevra 200 000 euros par an pendant cinq ans du Fonds AXA pour le Progrès humain — le fonds de dotation des Mutuelles d’Assurances et du Groupe AXA. Elle sera développée en collaboration avec le Département F.-A. Forel des sciences de l’environnement et de l’eau, le Département des sciences de la Terre et l’Institut des sciences de l’environnement (ISE). Elle accueillera trois doctorantes et doctorants ainsi que deux chercheuses et chercheurs seniors, dont l’un à 50 %.
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«La nouvelle chaire offrira une occasion unique d’étudier l’impact de l’évolution des conditions climatiques sur les risques de mouvements de terrain dans les Alpes européennes. L’avalanche roche-glace de Blatten l’an dernier ou les laves torrentielles meurtrières de l’été 2024 soulignent la nécessité urgente de mieux comprendre ces processus et leur dynamique. Si nous ne pouvons pas empêcher la survenue de ces phénomènes à l’avenir, nous pouvons certainement en atténuer les dommages», déclare Markus Stoffel.
Le pilier science du Fonds AXA pour le Progrès humain s’engage à soutenir des programmes de recherche innovants contribuant au progrès de la société. Le financement de cette nouvelle chaire fait suite à un appel à projets hautement compétitif lancé par le Fonds dont la sélection est supervisée par un conseil scientifique, au terme duquel le projet de Markus Stoffel a été retenu parmi plus d’une centaine de candidatures. (UNIGE/hzi/pg)