Les systèmes d’assistance à la conduite peuvent éviter les accidents mais augmentent la distraction au volant
Selon les chiffres d’AXA, les véhicules équipés des dernières technologies causent environ 40% de collisions en moins que ceux qui en sont dépourvus.
Deux tiers des personnes interrogées estiment que les systèmes d'aide à la conduite renforcent la sécurité routière. Cependant, ce sentiment de sécurité peut s'avérer dangereux.metamorworks - stock.adobe.com
Une étude d’AXA sur la conduite automatisée confirme l’utilité des systèmes d’assistance à la conduite, en particulier de l’assistance au freinage d’urgence: 27% des personnes sondées déclarent que celle-ci les a protégées au moins une fois au cours des six derniers mois. Par ailleurs, une analyse des données d’AXA sur les sinistres montre que les véhicules équipés des derniers systèmes d’assistance à la conduite causent environ 40% de collisions en moins que ceux qui n’en sont pas équipés.
Une sécurité en trompe-l’œil
Selon cette étude, menée par le plus grand assureur automobile de Suisse à l’occasion de sa journée de la mobilité 2026, plus de deux tiers des personnes interrogées estiment que les systèmes d’assistance à la conduite améliorent la sécurité routière. Mais ce sentiment de sécurité est à double tranchant: 47% pensent que la conduite est plus risquée parce que l’on se repose sur une intervention du système en cas de danger. Et 60% ajoutent que la concentration au volant baisse justement pour cette raison.
Les systèmes d’assistance à la conduite n’autorisent pas tout
Le téléphone portable est un parfait exemple: d’après l’étude d’AXA, moins de la moitié des personnes interrogées renoncent totalement à utiliser leur téléphone portable lorsqu’elles conduisent. Lire et écrire des messages est très souvent source de distraction.
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Les automobilistes dont le véhicule est équipé d’un système d’assistance à la conduite déclarent utiliser plus souvent leur téléphone portable que les autres (28% contre 22% qui regardent occasionnellement leur téléphone au volant). Ils sont même au moins 10% à activer ces systèmes afin de pouvoir se consacrer à d’autres activités.
«Le fait est que malgré les systèmes installés de nos jours dans les voitures en Suisse, une pleine concentration est toujours requise de la part des automobilistes. À tout moment, les mains doivent rester sur le volant. Relâcher son attention ou regarder brièvement son téléphone portable est non seulement interdit, mais aussi dangereux. Le gain de sécurité obtenu peut être annulé par un comportement risqué au volant», explique Luca Genovese, responsable du service Recherche et Prévention et du Centre de compétences Mobilité d’AXA.
Le manque de connaissances devient facteur de risque
La tendance à ajuster son comportement lorsqu’on se sent davantage protégé par des systèmes de sécurité s’appelle la compensation du risque. L’expert en prévention explique que le manque de connaissances renforce même cet effet. En réalité, selon l’étude d’AXA, les fonctions de base des systèmes d’assistance à la conduite ne sont pas assez connues: près des trois quarts des automobilistes qui en ont à leur disposition déclarent ne pas avoir été formés à ces dispositifs lors de l’achat, et 89% souhaiteraient l’être. Luca Genovese conseille donc vivement de se familiariser avec ces systèmes ou de s’adresser à son garagiste ou à une auto-école en cas de questions.
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De vrais boutons pour remplacer les écrans tactiles
Toujours selon l’étude, la distraction au volant est aussi due aux voitures modernes elles-mêmes, p. ex. à l’utilisation de systèmes embarqués tels que les systèmes audio ou de navigation. On notera que la moitié des personnes interrogées se disent fortement ou assez fortement distraites par l’utilisation des écrans tactiles installés dans leurs véhicules. Les deux tiers d’entre elles pensent ainsi qu’il faudrait remplacer les écrans actuels par des boutons classiques.
Des bips et des alertes qui dérangent
Certains automobilistes s’estiment aussi distraits par les systèmes d’assistance à la conduite. «Un bip par-ci, une réaction de la voiture inattendue par-là, il est clair que cela peut être agaçant», déclare Luca Genovese. Près d’un tiers des personnes sondées se disent gênées par l’avertisseur de franchissement de ligne et l’assistant directionnel actif, et 23% par l’avertisseur de limitation de vitesse. Par conséquent, les automobilistes désactivent ces aides à la conduite.
Toutefois, l’expert en prévention déconseille vivement d’éteindre les systèmes en lien direct avec la sécurité, comme l’avertisseur de franchissement de ligne ou l’assistance au freinage d’urgence. Quant aux systèmes plus axés sur le confort, comme le régulateur de vitesse adaptatif ou l’aide au stationnement, ils doivent absolument être utilisés correctement. «Les systèmes d’assistance à la conduite actuellement autorisés en Suisse viennent en aide à l’automobiliste, mais ne le déchargent absolument pas de ses responsabilités. L’intervention humaine est le seul moyen d’éviter les accidents», explique l’expert.
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Son collègue Jérôme Pahud, responsable Assurances de mobilité chez AXA Suisse, ajoute: «L’assistance au freinage d’urgence est efficace et réduit le nombre de collisions par l’arrière. Du point de vue de la prévention, c’est une évolution réjouissante. Mais il faut savoir que ce type de sinistre ne représente qu’une petite partie des cas déclarés à AXA. De plus, ce recul est loin de compenser la hausse sensible des coûts des sinistres due au prix élevé des pièces de rechange.» (cp/hzi/pg)