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Rendez-Vous de Septembre

Les prix de la réassurance attendus en baisse pour 2027

Le secteur de la réassurance, qui garantit les pertes des assureurs, se porte bien car les sinistres climatiques ont été inférieurs au budget prévu en 2026 et le secteur détient une capitalisation record. Ce qui devrait le mener à baisser ses tarifs et connaitre plus de volatilité.

Selon S&P Global Ratings, les réassureurs continuent d'afficher un niveau très élevé de rentabilité et, surtout, de solvabilité.
Selon S&P Global Ratings, les réassureurs continuent d'afficher un niveau très élevé de rentabilité et, surtout, de solvabilité. Keystone

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Les réassureurs sont réunis depuis samedi et jusqu'à mercredi à Monaco pour entamer les négociations annuelles portant sur le montant des primes que leur versent les assureurs et sur les conditions des contrats.
«Les réassureurs continuent d'afficher des niveaux de rentabilité et surtout de solvabilité qui sont tout à fait élevés», a indiqué Marc-Philippe Juilliard, analyste chez l'agence de notation S&P, qui prévoit des perspectives de notation «stables» pour les entreprises du secteur. En conséquence de quoi, «la réassurance va coûter de moins en moins cher».
Les tarifs négociés chaque année entre assureurs et réassureurs dépendent en effet du nombre de sinistres essuyés l'année précédente. Plus les sommes versées par les réassureurs à leurs clients assureurs sont importantes, plus ils augmenteront leurs tarifs l'année suivante, et inversement.
En 2023, après plusieurs années difficiles avec des sinistres climatiques très onéreux, les réassureurs avaient augmenté leur tarification et durci les conditions d'acceptation des risques dans leurs contrats, ce qui a permis de redresser leur rentabilité.
Cette amélioration de la rentabilité s'est vue dans les résultats semestriels des réassureurs, dont cinq des six plus importants dans le monde sont européens. Au premier semestre 2026, Swiss Re a par exemple engrangé un bénéfice de 2,4 milliards d'euros et l'allemand Hannover Re un bénéfice de 1,4 milliard d'euros.

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Le plus coûteux: les ouragans

Les connaisseurs du secteur s'attendent à voir les assureurs réclamer des tarifs de réassurance plus bas lors des négociations qui débutent.
«Le fait que les pertes catastrophes naturelles soient inférieures au budget depuis plusieurs semestres a un effet sur la baisse des prix», a expliqué à l'AFP Manuel Arrivé, de l'agence de notation Fitch.
Selon Swiss Re, au niveau mondial, les dommages couverts par les assureurs pour les catastrophes naturelles représentaient 42 milliards de dollars au premier semestre (36,3 milliards d'euros), soit 16% de moins que la moyenne des dix dernières années.
Toutefois, la baisse des prix s'explique surtout par la concurrence que se livrent les différents acteurs de la réassurance, selon Manuel Arrivé: le «déséquilibre entre cette surcapitalisation des différents acteurs génère et alimente le déséquilibre persistant entre l'offre et la demande», et «le pouvoir de négociation continue de basculer en faveur des acheteurs de réassurance».
L'agence de notation Fitch s'attend ainsi à une «dégradation des perspectives» pour le secteur mondial de la réassurance en 2027, dans une note.
Anticipant ce mouvement, l'allemand Munich Re, qui a dégagé un bénéfice net de 2,2 milliards d'euros au deuxième trimestre, a abaissé sa prévision de chiffre d'affaires pour 2026. «Nous renonçons délibérément aux affaires pour lesquelles nous n'obtenons pas de prix adapté au risque», a expliqué début août le président du directoire Christoph Jurecka.

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Mais l'année est loin d'être terminée et, si des catastrophes coûteuses devaient advenir au deuxième semestre, les équilibres pourraient encore changer.
En effet, «pour les réassureurs les périls les plus importants ce sont les ouragans (aux Etats-Unis, NDLR) dont la saison vient de commencer», a rappelé Alexis Valleron, délégué général de l'Association des professionnels de la réassurance en France (Apref), devant la presse vendredi.
Ainsi, le secteur de la réassurance n'a pas intérêt à voir les tarifs redescendre nettement, relèvent des professionnels.
Avoir des réassureurs bien capitalisés et rentables est nécessaire pour accompagner l'augmentation, la concentration et l'interconnexion des risques, a plaidé le président de l'Apref Benoît Hugonin. A ses yeux, «la capacité est abondante, certes, mais (...) les risques eux-mêmes sont abondants et en croissance». (awp/hzi/ps)

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