Après la chasse, les collisions routières constituent la deuxième cause de mortalité connue chez les animaux sauvages de grande taille en Suisse. Ainsi, plus de la moitié des animaux sauvages qui ne sont pas tués à la chasse meurent dans des accidents de la circulation, comme l’indiquent les statistiques de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Les risques augmentent surtout en automne, lorsque les pendulaires circulent au crépuscule ou dans l’obscurité, au moment où les animaux sauvages sont particulièrement actifs. Entre 2021 et 2025, les personnes assurées auprès de la Mobilière ont annoncé plus de 10 500 accidents avec un animal sauvage ayant causé des dommages à des véhicules à moteur. En fin d’année, les collisions avec les animaux sauvages se multiplient: au cours du dernier trimestre, le nombre d’accidents dépasse d’environ 12% la moyenne annuelle. En avril également, la fréquence des accidents avec les animaux sauvages augmente, lorsque ces derniers se déplacent davantage, en quête de nourriture, d’un territoire ou d’un partenaire. De plus, au cours de la semaine qui suit le passage à l’heure d’été, la Mobilière enregistre davantage d’accidents avec des animaux sauvages que la semaine précédente.
Régions les plus touchées
La fréquence moyenne des sinistres en Suisse est de 1,16 accident impliquant un animal sauvage pour 1000 véhicules assurés. Les cantons les plus touchés sont la Thurgovie, avec 2,05 sinistres pour 1000 véhicules, et les Grisons, avec 1,85 sinistre. Viennent ensuite le Jura (1,75), Appenzell Rhodes-Intérieures (1,58), Soleure (1,56), ainsi que Berne, Schaffhouse et Vaud (1,37 dans ces trois cantons).
Les collisions les plus fréquentes concernent les chevreuils et les cerfs. Entre 2021 et 2025, ces animaux ont ainsi été impliqués dans près de 7350 sinistres couverts, suivis par les renards (1020), les blaireaux (900), les oiseaux (580) et les sangliers (510). Les collisions avec des animaux de grande taille se révèlent particulièrement coûteuses: les sangliers causent les dommages moyens les plus élevés, avec environ 3000 francs par accident, devançant les chevreuils et les cerfs, avec environ 2700 francs.
Pourquoi les collisions sont-elles plus fréquentes en automne?
Les animaux sauvages ne font aucune différence entre l’été et l’hiver. Alors que les personnes se déplacent plus souvent dans l’obscurité lorsque les journées raccourcissent, les animaux continuent à suivre leur rythme naturel. La période du rut chez les cerfs à partir du mois d’octobre, le stress lié à la chasse ainsi que la recherche de nourriture avant l’hiver contribuent également à augmenter le risque de collision.
Comment éviter les accidents avec un animal sauvage?
La Mobilière recommande aux automobilistes de faire preuve d’une vigilance accrue, en particulier sur les routes de campagne et en bordure de forêt. Face à un panneau signalant un passage d’animaux sauvages, il convient de réduire sa vitesse. En présence d’un animal au bord de la route, il faut freiner et passer en feux de croisement. Et attention: un animal peut en cacher un autre! Les chevreuils, les cerfs ou les sangliers se déplacent en effet souvent en groupe.
«Nous déconseillons expressément les manœuvres d’évitement, souligne Stefan Schüpbach, responsable du centre de compétences Dommages aux véhicules à la Mobilière. Celles-ci entraînent souvent des accidents plus graves que la seule collision avec l’animal. Pour plus de sécurité, mieux vaut freiner de manière contrôlée et maintenir le véhicule sur sa voie.»
Outre une conduite adaptée, la technologie peut aussi s’avérer utile. À Meiringen et à Sand-Schönbühl, les systèmes de détection de la faune sont particulièrement efficaces, car ils avertissent les automobilistes de la présence d’animaux et les incitent à ralentir. Selon les garde-chasse de la région, cette mesure a permis de réduire nettement le nombre de collisions sur les zones équipées de tels dispositifs.
Si une collision se produit malgré toutes les précautions prises, les automobilistes doivent immédiatement s’arrêter, enclencher les feux de détresse et sécuriser le lieu de l’accident. Une vigilance particulière est requise sur les routes de campagne ou les routes non éclairées, car les véhicules qui suivent peuvent apercevoir le lieu de l’accident tardivement. La sécurité des personnes impliquées reste donc la priorité absolue.
À noter que tout accident impliquant un animal sauvage doit être annoncé à la police ou au garde-chasse. Il ne faut en aucun cas toucher les animaux blessés, car ils sont en situation de stress et peuvent réagir de manière imprévisible. Il est préférable d’attendre les services d’urgence en se tenant à bonne distance et d’annoncer ensuite le sinistre à son assurance. L’assurance casco partielle de la Mobilière prend en charge les dommages au véhicule en cas de collision avec un animal sauvage. La casco complète, quant à elle, couvre les dommages résultant d’une manœuvre d’évitement. (cp/hzi/pg)