Abo
Des propos sans détours

Le directeur de la KPT qualifie de populisme les débats sur le plafonnement des salaires

Thomas Harnischberg s’attend à une nouvelle hausse des primes d’assurance maladie et à un financement accru du système de santé par l’impôt.

Thomas Harnischberg formule des critiques virulentes à l'égard du débat politique sur les frais administratifs des caisses d'assurance maladie.
Thomas Harnischberg formule des critiques virulentes à l'égard du débat politique sur les frais administratifs des caisses d'assurance maladie. Remo Neuhaus

Werbung

À l’avenir également, les primes d’assurance maladie augmenteront plus fortement que les salaires. Thomas Harnischberg, PDG de la KPT, en est convaincu. Dans une interview accordée au «Bund», il met en avant la hausse des coûts de la santé, le vieillissement de la population et, en particulier, le recours croissant aux prestations médicales. Il observe également un besoin croissant de traitements chez les jeunes, principalement en raison de problèmes psychiques.
M. Harnischberg y voit de plus en plus un problème de politique sociale. À long terme, une part plus importante des coûts de santé devrait donc être financée par l’impôt. Parallèlement, il appelle tous les acteurs à gérer plus efficacement les moyens disponibles.
Le directeur de la KPT critique vivement le débat politique sur les frais administratifs des caisses d'assurance maladie. Ceux-ci ne représenteraient en effet que quatre à cinq centimes par franc de prime. Une caisse unique ne permettrait donc de loin pas de réaliser les économies escomptées. Il qualifie également de populisme le plafonnement salarial de 500'000 francs proposé par le Conseil fédéral pour les cadres des caisses d’assurance maladie. Son propre salaire s’élevait dernièrement à 640'000 francs, cotisations patronales comprises. S’il pourrait certes se contenter de la moitié, il met toutefois en garde contre les conséquences négatives pour l’ensemble de la grille salariale et la compétitivité des caisses d’assurance maladie en tant qu’employeurs.

Partner-Inhalte

Une planification hospitalière régionale plutôt qu’une offre excédentaire
M. Harnischberg estime qu’il est nécessaire d’agir en matière de planification hospitalière. La Suisse dispose toujours d’un trop grand nombre d’hôpitaux. Il plaide en faveur d’une concentration régionale des interventions spécialisées, tandis que les soins de base, la réadaptation et les soins infirmiers doivent rester proches du lieu de résidence. En tant que membre du conseil d’administration du groupe Insel, il considère que la structure actuelle de ses sites, après les fermetures de Münsingen et de Tiefenau, est appropriée.
Les nouveaux tarifs et forfaits ambulatoires introduits début 2026 auraient posé des problèmes considérables à de nombreux hôpitaux. Les responsables politiques auraient exercé une pression excessive lors de leur mise en place. La KPT aurait donc mis temporairement des liquidités à la disposition des hôpitaux concernés.
Une fusion bernoise comme option
Dans la perspective de la consolidation du secteur des caisses d’assurance maladie, M. Harnischberg se montre ouvert à une fusion avec Visana. Une solution bernoise lui serait en principe favorable. Il n’y aurait toutefois pas de discussions concrètes à ce sujet. La condition préalable serait que la KPT conserve sa forme juridique coopérative et une certaine autonomie. Il porte un jugement globalement positif sur les modèles de soins intégrés de Visana.

Werbung

En juin 2027, M. Harnischberg cédera la direction opérationnelle de la KPT à son actuel adjoint, Peter Hug. Il souhaite se retirer des instances auxquelles il siège actuellement, mais continuer à renforcer l’esprit coopératif au nom du conseil d’administration. Cela inclut le développement du « filet de sécurité santé », qui vient en aide aux personnes en situation difficile et soutient des projets dans le domaine de la santé. (hzi/pg)

Werbung