Les mesures de lutte contre la fraude ont permis l'an dernier à la Suva d'économiser 43,7 millions de francs, un chiffre en nette hausse par rapport à 2024. Les cas liés à la criminalité organisée augmentent et l'intelligence artificielle facilite les falsifications à grande échelle, constate l'assureur.
L'an dernier, la Suva a examiné 2067 signalements de soupçon de fraude (2562 en 2024) sur un total de 269'477 cas de versements d'indemnités journalières ou de rentes. Andrey Popov - stock.adobe.com
En 2025, la détection des fraudes a permis d'éviter des versements de prestations indues à hauteur de 35,5 millions de francs, détaille mardi l'ex-Caisse nationale d'assurance accident, la Suva. Elle a en outre perçu 8,2 millions de primes supplémentaires auprès d'entreprises assurées. En 2024, la lutte contre la fraude avait permis d'économiser 31,2 millions au total.
Les cas suspects sont cependant en baisse: l'an dernier, l'assureur accident a examiné 2067 signalements de soupçon de fraude (2562 en 2024) sur un total de 269'477 cas de versements d'indemnités journalières ou de rentes. Elle a clôturé définitivement 671 cas d'abus avérés. En moyenne, le montant économisé se chiffre à 52'906 francs par cas.
La fraude à l'assurance consiste par exemple en déclarations sciemment falsifiées ou accidents simulés pour percevoir des prestations. Il peut aussi s'agir d'entreprises qui pratiquent le travail au noir ou la faillite frauduleuse pour ne pas verser de primes. Depuis l'introduction en 2007 des mesures de lutte systématiques, les économies réalisées par la Suva totalisent 347 millions de francs.
Méthodes en évolution
Désormais, de plus en plus de cas sont le fait de réseaux organisés qui simulent des sinistres ou qui se soustraient systématiquement aux primes. L'intelligence artificielle (IA) permet en outre de générer un grand nombre de documents ou images falsifiés. La détection nécessite donc d'investir dans des outils d'identification et de traitement afin de combiner technologie et expertise humaine.
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Des spécialistes examinent tous les indices suspects, comme des incohérences dans les dossiers ou des signalements par des tiers. En cas de soupçon fondé, la Suva fait - en dernier recours - appel à des détectives chargés d'observer la personne assurée: l'an dernier, elle y a recouru à deux reprises. Si les soupçons se confirment, les prestations indûment versées doivent être remboursées et une dénonciation pénale peut être envisagée.
La base légale pour la surveillance des assurés est entrée en vigueur le 1er octobre 2019. Selon le rapport sur les observations d'assurés publié en mai par l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS), 41 observations au total ont été menées en 2025 pour l'ensemble des assurances sociales. Ces surveillances ont abouti à huit plaintes pénales déposées par des assureurs. (awp/hzi/ps)