La distraction est en cause dans au moins un accident de la route sur trois
De nouvelles études d'Allianz montrent que la distraction au volant accroît le risque d'accident nettement plus fortement qu'on ne le pensait jusqu'ici.
«Pour garantir une utilisation sûre du véhicule, il faut des recommandations contraignantes indiquant quelles fonctions devraient être commandées par des interrupteurs physiques et lesquelles par l'écran tactile»: Christian Sahr, directeur du Centre technique d'Allianz (AZT). MARC MÜLLER
Dans certaines situations, le risque d'accident des conductrices et conducteurs distraits est trois fois plus élevé que celui des usagers de la route attentifs. La distraction peut ainsi être plus dangereuse que la conduite avec 0,8 pour mille d'alcool dans le sang. Par ailleurs, les tests d'Allianz révèlent que, pour des tâches identiques, les différents concepts de commande tactile peuvent allonger jusqu'à 25% la durée pendant laquelle le regard est détourné de la route. En Suisse, environ deux tiers des personnes interrogées dans le cadre d'un sondage d'Allianz souhaitent des interrupteurs et des boutons physiques dans le cockpit. À l'occasion du 14e Allianz Motor Day, Allianz demande donc des cockpits optimisés en matière de sécurité, des prescriptions réglementaires claires et un sens accru des responsabilités dans la circulation routière.
Lors du 14e Allianz Motor Day, le 21 octobre 2026, l'un des plus grands risques pour la sécurité routière était au coeur des débats: la distraction au volant. De nouvelles analyses du Centre technique d'Allianz (AZT) montrent que sa part dans les accidents est nettement plus élevée que supposé jusqu'ici. Alors que les estimations antérieures évoquaient environ 10 % des accidents de la route, les analyses actuelles font état d'une part supérieure à 30 %. Dans au moins un accident sur trois, la distraction est donc soit le déclencheur direct, soit un facteur contributif déterminant.
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L'étude AZT/cogniBIT permet pour la première fois de mesurer concrètement les effets de la distraction
Une étude conjointe de l'AZT et de cogniBIT, entreprise spécialisée dans la modélisation cognitive, démontre pour la première fois dans quelle mesure la distraction peut influer sur le risque de collision dans certaines situations de circulation critiques. Ces calculs reposent sur un modèle cognitif du conducteur ainsi que sur des données réelles de suivi du regard issues d'une vaste étude menée sur des véhicules.
Les résultats mettent en évidence l'impact considérable de la distraction sur la sécurité routière: dans un scénario simulé de freinage d'urgence sur autoroute, la proportion d'accidents est passée de 18,2% chez les conducteurs attentifs à 54,3% chez les conducteurs distraits. Dans un scénario où un enfant s'engage brusquement sur la chaussée, le taux d'accidents est passé de 3,9% à 11,2%. Fait particulièrement alarmant: dans 39% de ces cas, les personnes distraites n'ont tout simplement pas réagi.
Il faut partir du principe qu'au moins un accident de la route sur trois est imputable à la distraction. C'est nettement plus fréquent qu'on ne le supposait jusqu'ici. Fait particulièrement alarmant: lors des analyses, les personnes distraites ont obtenu, dans des situations critiques, de moins bons résultats que des conductrices et conducteurs présentant une alcoolémie simulée de 0,8 pour mille. Dans certaines situations, la distraction est donc encore plus dangereuse que l'alcool au volant - et n'a rien d'un délit anodin. Elle devrait être aussi fermement réprouvée par la société que l'alcool au volant.
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Une voiture n'est pas un smartphone
L'élargissement considérable de la gamme de fonctions des véhicules modernes rend nécessaire la représentation de certaines d'entre elles sur l'écran tactile. Des fonctions qui pouvaient autrefois être actionnées intuitivement, sans regarder, migrent ainsi de plus en plus vers des menus numériques. Pour des fonctions centrales et fréquemment utilisées, comme la climatisation ou la radio, plusieurs saisies à l'écran sont aujourd'hui souvent nécessaires. Les automobilistes détournent alors le regard de la circulation plus longtemps et plus souvent, ce qui peut nuire à la sécurité de conduite.
«Nos recherches montrent qu'une même opération de commande peut solliciter jusqu'à 25 % d'attention visuelle en moins d'un véhicule à l'autre. Cela met en évidence une chose: la distraction n'est pas seulement une question de comportement, mais aussi d'interface utilisateur. Le cockpit lui-même est devenu un écran qui rivalise avec la route pour capter l'attention du conducteur. Mais une voiture n'est pas un smartphone. Lorsqu'il est question de sécurité, le design doit suivre la fonction», a déclaré le Dr Klaus-Peter Röhler, membre du Directoire d'Allianz SE, responsable de Insurance German Speaking Countries, Central Europe, Global Property & Casualty.
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Le design est déterminant: le cockpit comme facteur de sécurité
Une étude de conduite réalisée par l'AZT en conditions réelles montre que la conception de l'interface tactile influence considérablement la durée pendant laquelle les conducteurs détournent le regard de la route lors de l'utilisation. En comparant des modèles de véhicules actuels, des tâches quotidiennes identiques ont entraîné des durées de détournement du regard parfois très différentes.
Pour certaines tâches, un concept de commande mieux conçu a permis d'économiser jusqu'à 25%, soit environ trois secondes, de temps de regard détourné. Les résultats montrent que le problème n'est pas l'écran tactile en soi, mais la manière dont les fonctions sont intégrées dans le concept de commande du véhicule.
«Pour garantir une utilisation sûre du véhicule, il faut des recommandations contraignantes indiquant quelles fonctions devraient être commandées par des interrupteurs physiques et lesquelles par l'écran tactile. Parallèlement, il convient d'exploiter systématiquement les connaissances scientifiques sur l'interaction homme-machine afin de concevoir les commandes tactiles de manière à détourner le moins possible le conducteur de la circulation», a déclaré Christian Sahr, directeur du Centre technique d'Allianz (AZT).
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Ce que disent les automobilistes
Les inquiétudes de nombreux automobilistes sont fondées: selon un récent sondage d'Allianz auprès de conductrices et conducteurs suisses, 77% des personnes interrogées voient dans la numérisation croissante du véhicule un facteur d'aggravation de la distraction au volant. Une personne sur deux juge désormais le risque de distraction élevé ou très élevé. Fait particulièrement notable: 64% des conducteurs ayant causé un accident au cours des trois dernières années considèrent la distraction comme une cause certaine ou possible. Le souhait d'une utilisation plus simple est en conséquence très répandu: environ deux tiers des personnes interrogées (66%) se prononcent en faveur d'interrupteurs et de boutons classiques plutôt que de menus tactiles imbriqués. (cp/hzi/ps)