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Forte hausse des incidents dans l'aviation en 2025

L'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) a recensé 14'972 incidents en 2025. Le nombre de signalements progresse depuis plusieurs années, une tendance que l'office attribue à une meilleure culture du signalement, à la croissance du trafic aérien et aux perturbations de navigation provoquées par des conflits géopolitiques.

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En 2025, l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) a traité presque 15'000 comptes rendus d’incidents. KEYSTONE/Cyril Zingaro

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Les incidents signalés sont analysés chaque année par l'OFAC. Lundi, la Confédération a publié ses statistiques 2025 sur les incidents dans l'aviation civile suisse. En voici un aperçu:

Augmentation des violations de l'espace aérien

L'année dernière, 650 violations de l'espace aérien ont été enregistrées en Suisse. Par rapport aux 439 incidents de l'année précédente, les statistiques 2025 font état d'une nette augmentation. Cela pourrait s'expliquer par la nouvelle zone de manœuvres terminales (TMA) au-dessus de Zurich, où des violations de l'espace aérien ont été enregistrées plus fréquemment depuis sa mise en service.

Doublement du nombre d'incidents liés aux drones

Depuis juin 2022, plus de 80'000 pilotes de drones se sont enregistrés en Suisse. Le trafic de drones est particulièrement dense dans les espaces aériens de Zurich, Genève, Lausanne et Berne.
Entre 2024 et 2025, le nombre d'incidents impliquant des avions est passé de 56 à 105. Les incidents entre hélicoptères et drones ont également augmenté, passant de 10 à 19.
Selon l'OFAC, cette hausse s'explique toutefois principalement par le nouveau système de détection des drones mis en place à Zurich. Celui-ci permet de détecter des incidents qui seraient auparavant passés inaperçus.

Les crises géopolitiques perturbent le GPS

Les foyers de crise géopolitiques en Ukraine, en Afghanistan ou au Soudan ont également laissé des traces dans l'espace aérien suisse en 2025. L'OFAC constate une augmentation massive et généralisée des perturbations GPS dues au spoofing (usurpation d'identité) ou au jamming GNSS (une forme de perturbation électromagnétique).

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L'OFAC indique avoir reçu environ 4270 signalements de perturbations GPS. Ce chiffre n'a cessé d'augmenter ces dernières années, a déclaré un porte-parole de l'OFAC à Keystone-ATS.
Selon lui, les perturbations GPS constituent un problème mondial très répandu. L'impact sur la sécurité à bord serait toutefois plutôt faible, car un avion de ligne dispose d'une multitude d'appareils de navigation et l'équipage peut se rabattre sur un autre appareil en cas de panne.

Passagers difficiles

Le nombre de passagers indisciplinés a fortement augmenté en 2025. Plus de 2000 cas ont été signalés, soit une hausse de 15% par rapport à l'année précédente, selon la Confédération. Une partie de cette augmentation s'explique par un meilleur recensement de ces incidents et par l'attention accrue qu'ils suscitent.
Ces passagers se sont montrés agressifs ou violents envers d'autres voyageurs ou des membres d'équipage, ont endommagé des avions ou se sont livrés à des actes de vandalisme dans les aéroports. Selon l'OFAC, ces comportements sont le plus souvent liés à la consommation d'alcool, de drogues ou de médicaments.
Les passagers concernés refusent de suivre les instructions de l'équipage, ne bouclent pas leur ceinture de sécurité ou enfreignent les interdictions de fumer ou de consommer de l'alcool. «Ils jurent, insultent, menacent et diffusent de fausses informations, y compris des alertes à la bombe», a expliqué un porte-parole de l'OFAC. Ils mettent ainsi en danger la sécurité au sol comme en vol.

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Un seul pilote dans le cockpit suffit-il?

Les innovations technologiques, l'automatisation croissante et le développement d'aéronefs autonomes incitent les constructeurs aéronautiques à examiner si les vols commerciaux à bord de gros-porteurs pourraient être assurés avec un équipage réduit ou un seul pilote.
L'OFAC étudie, en collaboration avec l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), étudie les mesures de sécurité nécessaires à une telle évolution.

Bilan des victimes

Aucun accident mortel n'a été enregistré dans l'aviation commerciale malgré l'augmentation du trafic aérien. Dans l'aviation de loisirs, les statistiques des incidents font état de quatre accidents l'année dernière, qui ont fait six victimes au total. Une personne a en outre perdu la vie et une autre a été blessée dans un accident d'hélicoptère.
Les causes de ces accidents sont multiples, a indiqué l'OFAC. Les vols d'entraînement et les missions agricoles sont particulièrement concernés. Les câbles et les fils électriques représentent un risque important pour les hélicoptères, qui volent souvent à basse altitude. Un filet de protection contre les vols à basse altitude doit être mis à la disposition des exploitants d'hélicoptères d'ici 2029.

Culture de l'erreur sans sanction

Le concept de «culture juste» fait actuellement l'objet de débats en Suisse, indique le rapport. Notamment après plusieurs jugements rendus à l'encontre de contrôleurs aériens.

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Afin de pouvoir évaluer et améliorer encore la sécurité du système de transport aérien, il est important que tant le secteur que les particuliers signalent les informations relatives à la sécurité. «Plus il y a de données disponibles, mieux les faiblesses peuvent être identifiées et corrigées», écrit l'OFAC.
Avec la révision de la loi sur l'aviation (LA), la «culture juste» devrait même être intégrée au droit pénal cette année. (awp/hzi/ps)

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