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Financement pour l'AVS.

AVS 2030: gauche favorable avec de gros bémols - droite contre

Confédération, partis politiques et associations, tous s'accordent à dire que l'assurance vieillesse et survivants a besoin d'une réforme urgente. Mais c'est là que s'arrêtent les points communs.

Sauver l'AVS, oui – mais comment ? Il n'y a pas le moindre signe de consensus.
Sauver l'AVS, oui – mais comment ? Il n'y a pas le moindre signe de consensus.Keystone

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Avec la réforme de l'AVS 2030, le Conseil fédéral souhaite réduire le nombre de départs à la retraite anticipée afin d'alléger la charge qui pèse sur l'AVS et de favoriser le potentiel de main-d'oeuvre nationale. Elle ne prévoit ni un relèvement de l'âge de la retraite ni de nouvelles sources de financement pour l'AVS.
Le Conseil fédéral souhaite plutôt inciter les personnes âgées à rester plus longtemps sur le marché du travail: à l'avenir, celles qui continuent d'exercer une activité lucrative bénéficieront d'un abattement plus élevé sur les cotisations AVS. Dans le domaine de la prévoyance professionnelle - le 2e pilier -, le Conseil fédéral entend rendre plus difficile l'accès aux retraites anticipées.
L'âge minimum pour la retraite anticipée passera progressivement de 58 à 63 ans. Les indemnités journalières de maladie et d'accident ainsi que les dividendes excessifs seront désormais soumis à cotisation. Le gouvernement prévoit en outre des bonifications individuelles pour l'éducation et la garde d'enfants.
Les cotisations des travailleurs indépendants augmenteront également. Si le financement de la 13e rente AVS venait néanmoins à échouer dans les urnes le 29 novembre, le projet esquisse des alternatives. Une augmentation de la TVA et une hausse des cotisations salariales sont à l'étude.

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Le PS et les Vert-e-s saluent le fait que le Conseil fédéral renonce à relever l'âge de la retraite. Le PS soutient les mesures visant à combler les lacunes de cotisation. Parmi celles-ci figure l'assujettissement aux cotisations des indemnités journalières de maladie et d'accident.
Les taux de réduction liés au revenu en cas de retraite anticipée sont bien accueillis. Les personnes à faibles revenus pourraient ainsi prendre leur retraite plus tôt avec moins de pertes.
Le PS s'oppose en revanche à l'augmentation de l'abattement fiscal à l'âge de la retraite. Le PS et les Vert-e-s réclament une meilleure prise en compte du travail d'éducation et de garde des enfants. Les bonifications au titre du premier pilier devraient être nettement augmentées.
Les deux partis réclament également de telles bonifications dans le cadre de la prévoyance professionnelle. Ce sont majoritairement les femmes qui assument ce travail, ce qui se traduit par des retraites moins élevées.
Bourgeois pour une réforme structurelle
Les partis bourgeois critiquent le projet, qu'ils jugent insuffisant. Le PLR et l'UDC rejettent la réforme sur le fond. Le PLR réclame un relèvement de l'âge de référence plutôt qu'une augmentation des impôts et des cotisations.

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L'UDC exige des réductions de dépenses au niveau fédéral pour stabiliser l'AVS. Le centre déplore l'absence de mesures structurelles et propose un modèle de durée de vie active.
Employeurs opposés
L'Union suisse des arts et métiers et l'Union patronale suisse rejettent également le projet. Le monde économique réclame lui aussi des réformes structurelles plutôt qu'une simple augmentation des recettes. Economiesuisse qualifie le projet de timide, car il ne prévoit pas de débat sur l'âge de référence.
La Swiss Retail Federation (commerce de détail) met en garde contre les coûts administratifs et la pression sur les marges. L'Union suisse des arts et métiers souligne que les PME ne sont pas une réserve financière de l'Etat.
Feu vert syndical à l'obligation de cotiser
L'Union syndicale suisse se félicite de la suppression des lacunes de cotisation. Inclusion Handicap est également favorable à l'assujettissement des indemnités journalières aux cotisations. Les deux organisations critiquent toutefois le relèvement de l'âge minimum dans le 2e pilier. Cela compliquerait la mise à la retraite anticipée des personnes en mauvaise santé.
L'Union des villes suisses partage ces inquiétudes. Des limites d'âge plus élevées entraîneraient une hausse du chômage et du recours à l'aide sociale, à charge des communes. Une augmentation de la TVA pèserait surtout sur les citadins et citadines à faibles revenus.

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L'Association des communes suisses a quant à elle renoncé à prendre position, ses membres étant trop divisés, notamment sur la question du financement. Les cantons ne se montrent guère plus unis: s'ils s'accordent sur la nécessité d'agir, leurs positions divergent toutefois sur des points tels que l'augmentation des cotisations salariales.
Plusieurs cantons rejettent le relèvement de l'âge minimum dans le 2e pilier. Ils jugent toutefois positive la décision de ne pas relever l'âge de référence. Le canton de Zurich estime qu'un ajustement est inévitable à long terme. (awp/hzi/pg)

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